Résolution adoptée à l'unanimité du Bureau National le 12 décembre 2025

Face à la proposition ahurissante et dangereuse formulée par un représentant du Rassemblement national de rouvrir les maisons closes, nous, Jeunes socialistes, affirmons notre combat pour mettre fin au système prostitutionnel, par des solutions concrètes de sortie de prostitution et d’accompagnement plutôt que par l’institutionnalisation d’un système de violence.

Les femmes sont les premières victimes du système prostitutionnel, qui les violente et les précarise. 85% des personnes prostituées en France sont des femmes. 93% d’entre elles sont étrangères. Mineures, précaires, on retrouve des profils types de femmes victimes du système prostitutionnel. Ce système marchandise leur corps et leur fait violence. En proposant la réouverture des maisons closes, l’extrême-droite sexiste et raciste participe activement à ce système.

Contrairement au récit qui les présente comme des espaces encadrés et sécurisés, les maisons closes reposent historiquement et structurellement sur la privation de liberté, la subordination totale à un proxénète, l'impossibilité réelle de dire non aux clients ou aux pratiques demandées. Dans ces espaces, le consentement des femmes (car ce sont majoritairement des femmes) est acheté.

Dès lors, invoquer le modèle de la « coopérative », pourtant central dans l’économie sociale et solidaire et dans l’économie socialiste que nous défendons, constitue un contresens politique. Ce vocabulaire, pensé pour l’émancipation par le travail collectif, est ici détourné pour légitimer un rapport de domination et masquer des formes d’enfermement et de violence. Il nous piège, et surtout, il ne répond en rien aux injustices structurelles qui conduisent à la prostitution.

La prostitution, en ligne ou physique, est souvent un gouffre pour les étudiant·es. La réouverture des maisons closes serait un appel d’air dangereux pour ces dernier·ères. Lutter contre l’institutionnalisation du système prostitutionnel est notre devoir pour protéger ces étudiant·es, et toutes les personnes en vulnérabilité que le système essaye d’attraper.

Plutôt que d’institutionnaliser la violence du système prostitutionnel, en particulier à l’égard des femmes, nous devons agir pour permettre de réels parcours de sortie de prostitution. Afin de combattre le système prostitutionnel, luttons contre la précarité des prostitué·es pour leur permettre de s’émanciper.

D’abord, faisons cesser la précarité administrative qui les condamne à rester dans ce système. Il faut permettre à tous·tes les prostitué·es étranger·ères d’être régularisé·es, d’accéder au système de santé, à la sécurité sociale, au système judiciaire en leur garantissant un·e avocate ainsi que d’accéder à un logement, qui les protégerait durant la sortie de prostitution et favoriserait leur réinsertion. Les personnes ayant été victimes de traite d’être humain doivent faire l’objet d’un suivi administratif, psychologique et médical particulier.

Pour favoriser leur réinsertion, faisons cesser la précarité économique au sein du système prostitutionnel qui les emprisonne. Il faut accompagner les femmes au plus près, avec un soutien financier mais aussi sur le terrain, pour leur permettre de se projeter dans de nouveaux parcours et emplois. C’est en ce sens que l'ouverture d’un dialogue avec les associations et les personnes prostituées est nécessaire afin de recenser au mieux les besoins.

Ces différentes barrières condamnent les prostitué·es à rester enfermés dans ce système. Il est temps d’apporter des solutions au plus près de ces femmes.