Agriculture : non à la régression, oui à la transition agroécologique !

Hier, le Parlement a définitivement adopté la proposition de loi dite "Duplomb", visant à lever certaines contraintes pesant sur l’exercice du métier d’agriculteur. Sous couvert d’aide au monde paysan, ce texte marque en réalité un recul grave pour la santé publique, la protection de l’environnement et l’avenir même de notre agriculture. Nous nous y opposons fermement.

Une imposture politique contre le monde agricole

Cette loi prétend répondre à la détresse des agriculteurs, mais elle ne fait qu’aggraver les problèmes structurels auxquels ils sont confrontés. En réalité, aucune des vraies attentes du monde paysan n’est prise en compte :

  • Pas d’augmentation des revenus agricoles ;
  • Aucun rééquilibrage des rapports commerciaux entre producteurs et grande distribution ;
  • Aucune régulation du foncier ;
  • Pas de réforme d’un système d’aides tourné vers le productivisme au détriment du vivant.

Alors que les agriculteurs demandent du sens, de la reconnaissance, de la stabilité et un revenu digne, on leur propose une illusion toxique : le retour de pesticides déjà bannis pour leur dangerosité.

Le retour des pesticides : un crime écologique

La réintroduction de l’acétamipride – un néonicotinoïde banni depuis 2020 – est une décision irresponsable. Cet insecticide est reconnu pour ses effets destructeurs sur les insectes pollinisateurs, indispensables à notre écosystème, mais aussi pour les risques qu’il fait peser sur la santé humaine, en particulier celle des agriculteurs eux-mêmes. Et tout cela sans même l’aval scientifique de l’ANSES, l’autorité sanitaire compétente.

Il ne s’agit plus simplement d’un recul, mais bien d’une offensive réactionnaire contre l’écologie et la santé publique. Cette loi s’inscrit dans une série inquiétante d’attaques menées ces derniers mois : suppression des ZFE, moratoire sur les énergies renouvelables, mise à mal du dispositif MaPrimeRénov’...

Une coalition des droites contre l’avenir

Face à ce texte brutal, nos députés socialistes et apparentés ont tenté d’alerter, de proposer, d’amender. Leur voix s’est heurtée à une alliance cynique allant de la droite macroniste à l’extrême droite, qui a tout fait pour éviter le débat en rejetant le texte dès la première lecture. Cette méthode autoritaire est un déni de démocratie, et une gifle adressée aux jeunes générations qui devront vivre avec les conséquences de ces choix.

L’agroécologie, pas les poisons du passé

Nous soutenons pleinement la saisine du Conseil constitutionnel. Mais au-delà du combat juridique, nous affirmons une vision politique claire : l’agriculture de demain ne se fera pas avec les outils d’hier. La seule voie durable est celle de la transition agroécologique, qui allie souveraineté alimentaire, justice sociale, protection de la biodiversité et santé publique.

Nous, Jeunes Socialistes, appelons notre génération à se mobiliser pour un autre modèle agricole : plus juste, plus durable, plus solidaire. Nous refusons de choisir entre le soutien aux agriculteurs et la défense de l’environnement. Nous voulons les deux. Parce qu’ils sont indissociables.