À l’aube de la rentrée universitaire 2025, la crise du logement étudiant s’aggrave dramatiquement sur l’ensemble du territoire. La réalité, sur le terrain, est incontestable : des centaines de milliers d’étudiant·es vivent dans la précarité, faute de logements accessibles, décents et adaptés à leurs besoins. C’est le bilan d’Emmanuel Macron et de ses gouvernements. 

Selon les chiffres du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, 40 % des étudiant·es en France déclarent rencontrer des difficultés pour se loger. Cette situation s’est aggravée ces cinq dernières années, avec une hausse des loyers dans les grandes villes universitaires bien plus rapide que l’inflation, atteignant parfois +15% sur un an dans des villes comme Paris, Lyon ou Toulouse.

Parallèlement, le parc de logements publics dédiés aux étudiant·es, notamment les résidences universitaires gérées par le CROUS, ne répond plus aux besoins. Alors que la demande ne cesse d’augmenter, le nombre de places en résidences CROUS stagne depuis plusieurs années. En 2024, seulement 6% des étudiant·es ont pu bénéficier d’un logement en résidence universitaire, un chiffre historiquement bas. Le manque de places se traduit par une concurrence féroce, laissant des milliers d’étudiant·es dans l’obligation de se tourner vers le privé, où les loyers explosent, et les exposant donc à une précarité incessante.

Même dans ces résidences publiques, les prix sont en hausse constante. Depuis 2017, les tarifs des loyers dans les résidences universitaires ont augmenté en moyenne de +8%, alors que les aides au logement sont gelées ou réduites. Cette double peine frappe particulièrement les étudiant·es boursier·es, déjà fragilisé.es financièrement.

Les annonces gouvernementales, systématiquement tardives et insuffisantes, n’ont pas permis d’enrayer la crise. Elles l’ont même aggravée par leur inaction. Ce sont en majorité les jeunes issu·es des classes populaires et des milieux modestes qui sont les premières victimes de cette politique. Le logement devient un obstacle à l’accès aux études, renforçant les inégalités sociales et territoriales, fermant les portes de l’émancipation.

Le sous-investissement chronique de l’Etat dans le logement public étudiant et le non encadrement des loyers dans le parc locatif privé rendent l’accès aux études supérieures de plus en plus difficile. Les étudiant·es et les jeunesses sont la variable d’ajustement budgétaire d’un gouvernement qui sacrifie leur avenir et leur droit à la dignité. Tandis que seuls 6 % accèdent à un logement CROUS et que les bourses stagnent malgré l’inflation, l’État préfère investir près de 3 milliards d’euros dans la généralisation et la militarisation du SNU d’ici 2027. Le choix politique est clair : l’idéologie avant l’émancipation.

Nous disons : ça suffit ! Les étudiant·es ont le droit de vivre dignement. La précarité, la galère, n’est pas une fatalité. Pour cela, nous devons nous battre, structurer cette jeunesse qui n’en peut plus.

 

Nous, Jeunes socialistes défendons : 

Un plan national de construction logements étudiants publics lancé dès maintenant, piloté et financé par l’État, en partenariat avec les collectivités territoriales et les CROUS. Ce plan doit inclure des objectifs territoriaux contraignants, avec une priorité donnée aux zones universitaires sous tension (Paris, Lyon, Bordeaux, Lille, Rennes, Toulouse).

→ Un moratoire immédiat sur la hausse des loyers dans le parc public étudiant, notamment dans les résidences CROUS, et un encadrement des loyers dans toutes les zones universitaires.

→ Une revalorisation des APL pour les étudiant·es, indexée sur l’inflation réelle, et la suppression des réformes régressives des dernières années qui ont exclu ou pénalisé de nombreux jeunes précaires.

→ La création d’un « bouclier logement étudiant », incluant une allocation logement complémentaire pour les étudiant·es boursier·es ou sans soutien familial.

→ Un plan de lutte contre la spéculation immobilière dans les villes étudiantes, via une taxation accrue des meublés touristiques (type Airbnb) et l’instauration de quotas de logements réservés aux étudiant·es dans les programmes immobiliers neufs.

→ Un droit au logement opposable pour les étudiant·es précaires, avec mise en place d’un recours prioritaire et une obligation de réponse rapide par les autorités compétentes.

→ Une allocation d’autonomie de 1 063 euros par mois !