Chers amis, Chers camarades,
Cʼest un grand plaisir de vous retrouver cette année encore. Et cette fois, plaisir particulier, de vous retrouver comme président des Jeunes socialistes.
Parce que nous nʼaurions pas pu nous retrouver ici sans eux, je veux saluer toutes celles et tous ceux qui ont rendu ce moment possible.
Merci au Parti socialiste bien sûr. À son Premier secrétaire Olivier Faure, à toute la direction nationale, aux équipes, aux dizaines de bénévoles, aux camarades du service dʼordre. Merci à Marc Gricourt, maire de Blois, pour son accueil fidèle.
Et puis, surtout, merci à vous, amis et camarades Jeunes socialistes !
Sur notre campus des JS, dans nos controverses, dans nos formations, nos réflexions, vous avez été au rendez-vous. Vous êtes encore plus nombreux que lʼannée dernière. Parce que, à Blois, cette année, vous êtes plus de XXX jeunes socialistes !
*
Chaque année, nous nous donnons rendez-vous ici. Ici, on tire les leçons de lʼannée écoulée.
Ici, on prépare la suite.
Et il y a un an, nous étions là. Souvenez-vous. Nous avions vécu un été pas comme les autres.
Nous sortions dʼune campagne européenne intense, qui nous avait replacé au coeur de la vie politique française. Nous avions vécu des élections législatives anticipées, décidées sur un coup de tête par un chef de lʼÉtat qui nʼa pas supporté, le soir du 9 juin, le résultat des urnes.
Nous étions dans un pays où le peuple venait de faire un choix.
Celui de retirer toute forme de majorité à la droite dʼEmmanuel Macron.
Un pays qui venait de refuser lʼascension de lʼextrême-droite.
Un pays qui avait choisi la gauche comme première force politique du pays.
Et pourtant...
Et pourtant, lʼinsoutenable obstination du président de la République à refuser le résultat des urnes a fait éclater au grand jour ce quʼil préparait depuis des mois : un pacte avec la droite conservatrice, seul moyen pour lui de poursuivre une politique qui avait été rejetée massivement.
Alors, la vie politique continuait comme avant. Comme si rien nʼavait changé. Comme si les Français n'avaient pas voté souverainement.
Et pourtant...
Pendant cette année, la vie est restée la même pour les Françaises et les Français. La politique tourne vite oui, mais la misère, elle, reste immobile. Et ceux qui nʼont que leur travail pour vivre ont toujours la même vie quʼavant.
On voit toujours de nouvelles promesses. Toujours de nouvelles annonces. Toujours de nouvelles intrigues.
Mais jamais dʼavancées réelles pour lutter contre le dépérissement de notre planète. Jamais dʼaugmentation du pouvoir dʼachat. Jamais de remise en question de ce système financier qui permet à quelques-uns de se gaver pendant que dʼautres triment.
Alors, cette année, une colère sʼest accumulée en nous, comme dans le cœur de tant de Français. Et nous avons le droit dʼêtre en colère.
Et pendant que la colère légitime des oubliés de la République monte, le gouvernement choisit toujours un autre chemin : détourner le débat. Or, ce nʼest pas en rendant invisible la réalité quʼon la fait disparaître.
Et dans ce jeu dʼombres pour occulter la réalité sociale du pays, le gouvernement sʼest trouvé de très bons alliés. Lʼextrême-droite ne fait que se nourrir de lʼenfouissement des tristesses, des peurs.
Mais la vérité, cʼest que Marine Le Pen, Jordan Bardella et leurs amis nient la dureté de la vie en France autant que ne le font le président de la République et le Premier ministre.
Sʼils parlent sans cesse dʼidentité, de religions en cœur avec Vincent Bolloré, ce nʼest pas pour améliorer la vie des Français.
Mais cʼest pour ne pas parler des salaires, de la santé, du logement, de lʼenvironnement.
Car plus on parle de lʼAutre, moins on parle de la misère dʼici.
Cʼest la stratégie de ceux qui nʼont rien à proposer pour améliorer la vie des gens, mais qui savent manipuler leurs peurs.
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Et voilà où nous en sommes aujourdʼhui.
François Bayrou demandera la confiance à lʼAssemblée nationale, le 8 septembre. Cet acte, il a été présenté comme un geste de clarification, mais il est en réalité lʼaveu dʼune immense faiblesse.
Car de quelle confiance parle-t-il ?
Pas la confiance du peuple, qui nʼen peut plus.
Pas la confiance des jeunes, qui galèrent pour se loger, pour trouver un travail digne, pour construire une vie stable.
Pas la confiance des soignants, des enseignants, des travailleurs qui voient leurs moyens sʼeffondrer.
Non ! Ce gouvernement nʼa pas de majorité, pas de projet, pas de souffle.
En réalité, ce vote de confiance nʼa quʼun seul but : tenter de faire croire que le macronisme a encore un souffle. Mais ce souffle est artificiel. Les faits ne tiennent pas.
Et, quand je regarde les mois qui se sont écoulés, je me dis que les socialistes ont été à la hauteur de la crise politique que nous vivons.
On ne pourra pas dire que nous nʼavons pas œuvré pour faire avancer la démocratie parlementaire, que nous nʼavons pas œuvré pour les discussions, pour le compromis.
Et pour cela, nous avons été critiqués, insultés, traînés dans la boue. Même par des élus et militants se disant de gauche, qui préfèrent se complaire dans lʼobstruction systématique, dans le blocage institutionnel, persuadés quʼils sont que la crise de tout un pays leur sera favorable. Nous ne partageons pas leur obsession pour le bruit et la fureur.
Mais alors que ce gouvernement a trahi tous ses engagements, qui leur ferait encore confiance pour gérer le pays ?
La vérité, cʼest que leur politique a échoué. Leur fable du ruissellement a fait face à la réalité.
Alors mes amis, je veux vous dire ceci. Parce que notre génération ne veut pas voir son pays sʼenfoncer dans la crise. Parce quʼelle ne veut pas voir son avenir hypothéqué par des obsédés du pouvoir qui nʼarrivent pas à sʼen décrocher, alors je le dis : députés, faites tomber ce gouvernement le 8 septembre !
Ce que nous voulons, ce nʼest pas seulement changer de Premier ministre.
Ce que nous disons, cʼest quʼil faut changer de politique.
Car ce qui se joue le 8 septembre, cʼest la fin dʼun cycle politique.
Un cycle ouvert en 2017 par Emmanuel Macron, qui se disait « ni de droite, ni de gauche » et qui, au fond, a toujours été plus à droite quʼà gauche.
Un cycle marqué par la verticalité, par la casse des solidarités, par le mépris des corps intermédiaires, par le démantèlement de la République sociale.
Un cycle qui a échoué parce quʼil nʼa jamais cru dans la puissance du collectif, mais seulement dans lʼarrogance de quelques-uns.
Alors, il est temps de solder lʼhéritage de ce cycle qui nʼest quʼun champ de ruines. Le 8 septembre, ce nʼest pas seulement Bayrou qui sera renversé. Cʼest tout un système qui sera mis à nu.
Le président de la République gardera le pouvoir de nomination du Premier ministre, mais en faisant ce choix, il sera seul à assumer le blocage que connaîtra le pays s'il persiste dans sa dérive autoritaire.
*
Et quand ce système sʼeffondre, camarades, il laisse un vide.
Un vide que la gauche, que les socialistes doivent remplir. Sinon, ce vide sera rempli par dʼautres, réactionnaires, par lʼextrême droite.
Cela suppose une doctrine, une colonne vertébrale claire. Car être à la hauteur du moment, faire face à la crise, cʼest voir plus loin.
Car cette crise, elle ne nous étonne pas.
Elle est le symptôme dʼun système à bout de souffle. La mondialisation sʼest muée en volonté de domination absolue sur les corps et les esprits. Elle a exercé une telle pression que les sociétés se défendent en rejetant ce système.
Et dans ces moments, les socialistes se sont toujours dressés face aux inégalités, aux injustices, aux dominations, pour transformer une société lorsquʼelle nʼest plus supportable.
Nous devons accélérer la mue du socialisme au 21ème siècle : plus de clarté, plus de réalisme, plus dʼambition. Un récit, une histoire, un destin.
Et je sais que, comme il lʼa fait par le passé à maintes reprises, notre Premier secrétaire Olivier Faure, sera capable de lʼaudace qui doit guider ce projet et sa concrétisation. Lʼinitiative coordonnée par Chloé Ridel, cette « rénovation du projet socialiste » dont nous avons accueilli un atelier sur notre campus des Jeunes socialistes, devra permettre dʼatteindre cet objectif.
Rénover sans avoir peur dʼétonner voire de cliver.
Ma génération, celle des Jeunes socialistes, sera cette génération qui peut faire changer les choses.
Car nous savons ce qui peut nous attendre.
Car nous voyons que le pire peut se dessiner.
Nous ne sommes pas nos grands-parents, qui ont vécu dans une ère de prospérité qui semblait alors inépuisable. Nous ne sommes pas nos parents, qui ont vécu dans une ère dʼespoir incroyable alors que le progrès technique ouvrait des perspectives inédites.
Mais cette génération, elle nʼacceptera pas de passer son tour.
Nous revendiquons de ne pas vivre dans un monde fait de crises successives, mais dans un monde qui avance. Nous refusons de continuer comme avant.
Jeunes socialistes, grâce au travail dʼEmma Rafowicz qui mʼa précédé dans mes fonctions, et de toute lʼéquipe qui lʼa accompagnée, nous sommes la première organisation politique de jeunesse à gauche.
Nous prendrons toute notre place pour organiser cette jeunesse, pour structurer ses luttes.
Et nous commencerons dès lundi. Car chers camarades, en ce moment même, ce sont plus de 110 000 tracts et des milliers dʼaffiches qui sont en train dʼêtre imprimées et qui seront distribués partout en France dès le 1er septembre ! Cette campagne de rentrée, elle a un slogan simple : « De nos colères, bâtissons ensemble lʼespoir ! »
Et cet espoir, nous le définissons par un mot. Une idée qui a été forgée par nos luttes. Une force qui nous nourrit dʼespoir : la Justice.
Le désir de justice, le besoin même de justice.
Les conservateurs ont tenté de se réapproprier cette idée. Ils en font un instrument pour figer lʼordre social.
Il faudrait gentillement obéir aux lois sans les remettre en cause.
Sauf que le peuple de France nʼest pas sage. Il nʼest pas docile. Il refuse les ordres illégitimes.
Notre conception de la justice, celle que nous devons défendre et exprimer à travers notre projet, ce nʼest donc pas la préservation de lʼordre établi mais la recherche de lʼordre idéal.
Parce que, comme le rappelait Albert Camus, “ce n'est pas la révolte en elle-même qui est noble, mais ce qu'elle exigeˮ. Et si nous nous révoltons, ce nʼest pas par plaisir de contrarier, mais par besoin de changer la société.
Nous nʼavons plus le temps de rester « politiquement corrects » dans le sens où nous cacherions la vérité par peur dʼoffenser.
La politique aujourdʼhui nʼest pas correcte avec les citoyens. Alors cessons dʼêtre corrects avec un système qui broie les vies.
La justice, cʼest celle de la République sociale, qui garantit une école publique qui émancipe, qui corrige les inégalités au lieu de les reproduire, une sécurité sociale universelle, qui sʼélargit au logement, à lʼalimentation, une démocratie au travail, où les rémunérations sont justes, où la richesse produite profite à tous plutôt quʼà quelques uns.
La justice, cʼest celle de la République écologique, condition de survie de lʼespèce humaine, qui planifie la bifurcation productive, qui lance la révolution industrielle décarbonée, qui investit dans les transports publics pour la liberté de la mobilité, qui interdit les niches fiscales des grands pollueurs.
La justice, cʼest celle de la République démocratique, car le présidentialisme a étouffé la Ve République. Le peuple doit reprendre la main, par le droit dʼinitiative citoyenne — et la pétition contre la loi Duplomb a montré, cet été, la force mobilisatrice de la société —, par un Parlement enfin respecté, par un réel pouvoir dʼagir des collectivités territoriales et notamment de ces communes dans lesquelles nous oeuvrons tant et dans lesquelles nous avons encore tant à faire.
Et parce que nous sommes internationalistes, parce que nous croyons en lʼuniversalité de la Justice, elle doit dépasser nos simples frontières. Cʼest elle qui nous guide à défendre toujours lʼUkraine face à lʼagression russe, cʼest elle qui doit nous pousser à sortir des paroles pour aller aux actes afin de faire cesser le génocide en cours à Gaza.
Voilà notre horizon. Voilà ce qui peut rallumer lʼespérance. “La liberté est peut-être loin mais de ce lointain, elle nous fait signe et nous appelle à changer la vieˮ comme lʼécrivait Anton Tchekhov.
Un autre chemin est possible. Il est étroit, je vous lʼaccorde, mais il existe.
Il existe ce chemin vers une rupture nécessaire avec lʼordre des choses, mais guidé par la volonté populaire et pas celle de narcissiques ou de haineux.
Ce chemin, cʼest le nôtre. Nous devons lʼemprunter. Nous devons en dessiner le contour. Cʼest ce qui nous attend cette année.
Il ne sera possible que par lʼunité. Lʼunité à gauche de celles et de ceux qui souhaitent enfin passer à autre chose. Parce que quand on se dit de gauche, on fait de la politique pour changer la vie des gens. Pas dans un siècle, pas dans un an, on la change aujourdʼhui. Parce que les gens nʼont pas le temps dʼattendre.
Dans un moment où les ténèbres dominent, ou lʼindividualisme triomphe, nous sommes les remparts, nous qui militons, qui croyons au travail inlassable des forces de la solidarité et la justice, ces liens qui unissent, qui dépassent, qui émancipent. Ce phénomène décrit par Theodora qui chante :
“Un meilleur moi, donc un meilleur nous De mon ventre a disparu la boule
Je m'envole, quand le vent souffleˮ
Camarades, lʼheure est venue. Le macronisme sʼeffondre.
La droite se délite.
Lʼextrême droite menace.
Cʼest à nous, socialistes, de relever le drapeau de lʼespérance.
Nous voulons une gauche qui gagne. Nous voulons une gauche qui transforme. Nous voulons une gauche qui gouverne.
Et nous serons cette gauche-là.
Alors, camarades, allons-y !
Partout, dans nos villes, dans nos quartiers, dans nos universités, dans nos lycées, allons porter la voix socialiste ! Partout, préparons lʼalternance, la vraie, lʼalternance sociale, écologique, démocratique !
Vive le socialiste et son parti !
Vive la République sociale, écologique et démocratique ! Et vive la France !
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