“On a jamais essayé !” 

Commençons déjà par une bonne nouvelle : oui le RN n’a jamais exercé le pouvoir en France mais reste une force d’opposition qui a gagné en influence ces dernières années. 

Ce parti a été fondé par des anciens Waffen-SS. Il faut le rappeler. Par ailleurs, on peut regarder ce que produisent les gouvernements d’extrême droite ailleurs. Lorsqu’ils accèdent au pouvoir, le bilan est plus que contrasté : gains marketing ou stabilisation macroéconomique ponctuelle mais aussi une atteinte grave sur les droits, les libertés et la protection des minorités. Les alliés du RN aujourd’hui : Donald Trump aux USA, Giorgia Meloni en Italie ou Viktor Orban en Hongrie. Ces pays ont déjà essayé et les gens s’en mordent les doigts. La démocratie est mise à mal.

La question n’est pas d’essayer ou non mais de peser les conséquences pour les droits, la solidarité et l’État-social. Essayer l’extrême droite au pouvoir n’est pas une expérience innocente. Quand l’extrême droite gouverne, il y a des dérives sur les droits et la cohésion. Avant d’essayer, demandons-nous : à qui cela profiterait-il vraiment ? En réalité, ce sont aux plus riches et à ceux pour qui tout va déjà bien dans la société.


“Bardella, il parle aux jeunes et il est bon en débat !”

Alors oui, Bardella a travaillé sa communication, ses réseaux en se filmant manger des bonbons ou des gâteaux. Mais la capacité de séduction ≠ qualité du projet : il faut analyser le contenu politique (immigration, droits, Europe, économie) et ses conséquences concrètes. Et concernant les débats, dire qu’il est bon revient à revoir notre standing oratoire. Il sait parler mais à quoi bon si les propositions fracturent la société ? Il ne faut pas se fier aux apparences : si Jordan Bardella veut être le gendre parfait, c’est parce qu’il cache d’autres choses (spoiler : une politique réactionnaire).


“On vivait mieux avant !”

La nostalgie occulte souvent des progrès réels (sécurité sociale, droits du travail, accès universel à l’école et à la santé) qui ont été conquis par des majorités de gauche. En revanche, la perception du « c’était mieux » traduit bien une réalité : de nombreux Français subissent aujourd’hui précarité, perte de pouvoir d’achat, sentiment d’injustice. Il faut le reconnaître et c’est pour cela que nous existons et travaillons à proposer des politiques de redistribution et d’investissement public pour reconstruire la confiance. Il faut réinvestir et redistribuer, pas développer la nostalgie rétrograde d’un passé révolu. 

Or, le RN et les réactionnaires votent toujours contre les intérêts du progrès social. Ils votent contre l’augmentation du SMIC et des salaires, contre la transition écologique, contre le sauvetage des services publics.


“On peut plus rien dire !”

Nous défendons la liberté d’expression, un pilier fondamental d’une démocratie saine. Mais cette liberté s’arrête devant celle des autres. La loi sanctionne l’incitation à la haine, la diffamation, racisme et l’apologie de crimes. Il est nécessaire de protéger les libertés tout en protégeant les personnes victimes de discours haineux. 

Dire « on peut plus rien dire » sert souvent à instrumentaliser la liberté pour justifier des propos discriminatoires. En tout cas tonton, bien sûr que l’on peut débattre, la démocratie vit des débats. Mais la liberté ne protège pas la haine : la loi fixe des limites pour protéger les personnes. Des institutions viennent aussi faire en sorte que toutes les sensibilités politiques puissent s’exprimer : c’est le rôle de l’Arcom. 

On constate d’ailleurs que les médias qui soutiennent l’extrême-droite sont ceux qui ne respectent pas la liberté d’expression. La chaîne CNews par exemple surexpose la parole de la droite et de l’extrême-droite pendant la journée et ne donne la parole à la gauche que durant la nuit. Pourquoi ? Parce que cette chaîne appartient au milliardaire Bolloré qui est un soutien déclaré de Marine Le Pen et Jordan Bardella.