“On donne des logements gratuits aux migrants mais on fait rien pour nos SDF !”

Le sans-abrisme concerne tout le monde, y compris les personnes étrangères. En France, il y a environ 350 000 personnes  sans domicile (de nationalité française ou non). L’accueil d’urgence ou des logements attribués à des personnes précaires (étrangers ou non) ne sont pas des cadeaux sans conditions ; cela coûte à l’État, mais cela relève d’une politique de solidarité et d’insertion. La précarité du logement ne se divise pas en « bons » ou « moins bons » bénéficiaires selon la nationalité. Les politiques sociales doivent viser la dignité de tous. Ce n’est pas “migrants vs. SDF français", mais “personnes précaires contre politique de l’exclusion”.


“Ils viennent en France pour profiter des allocs !”

Fake news ! Contrairement à l’idée reçue et véhiculée par la droite et l’extrême-droite, les demandeurs d’asile et les migrants en situation irrégulière ne peuvent prétendre aux allocations familiales ou au RSA qu’après un titre de séjour depuis 5 ans, ou s’ils ont le statut de réfugié. 

D’ailleurs même si les demandeurs d’asile reçoivent une aide, celle-ci est très modeste (environ 200€ par mois pour une personne seule). Ce mythe « d’appel d’air » relayé sans cesse par le RN est démentis par de nombreuses études montrant que les migrations ne sont pas principalement motivées par les « allocs ». Les réfugiés ne choisissent pas de fuir dans un pays en fonction de leurs prestations. 

Tous ces clichés sont très largement simplificateurs. Beaucoup de migrants vivent dans des conditions précaires, et les aides auxquelles ils ont accès sont souvent modestes, soumises à des conditions, et pas systématiques. Par ailleurs, les politiques devraient miser sur l’inclusion, pas la stigmatisation.


“Je suis pas contre l’immigration mais là on en accueille trop !”

Dire que l’on accueille trop masque un vrai problème. Ce n’est pas toujours une question de “trop d’immigration”, mais de manque de moyens pour l’accueil, l’hébergement, l’accompagnement. C’est parce qu’il n’est pas donné les moyens aux personnes migrantes de s’intégrer, de travailler, d’avoir un logement, qu’ils sont plongés dans la pauvreté et ne peuvent s’intégrer.

D’ailleurs, l’impact des migrants sur les dépenses sociales n’est pas suffisant pour justifier une politique de rejet sur ce seul critère. Beaucoup d’immigrés travaillent, cotisent, participent à la vie économique. Certains sont même utilisés par des employeurs malintentionnés afin de disposer d’une main d'œuvre moins payée.