À l’approche des fêtes de fin dannée, lassociation Linkee a tiré la sonnette dalarme suite à lannonce du non-renouvellement de sa subvention par le gouvernement.

Linkee est un réseau dentraide étudiante présent sur tout le territoire qui collecte des denrées invendues auprès de commerçants et de producteurs pour les redistribuer gratuitement aux étudiantes en situation de précarité.

Selon les responsables de lassociation, la subvention récemment retirée représentait une très grande part de son financement, au point que sans elle, la poursuite des ses activités serait gravement menacée.

 La mise en péril de ces distributions essentielles dans plusieurs territoires intervient pourtant dans un contexte de précarité étudiante déjà alarmant.

Une enquête de Linkee, menée auprès de 20 000 étudiantes montre que 97% des bénéficiaires de distributions vivent sous le seuil de pauvreté et quune majorité na souvent que moins de 100 euros par mois une fois les différentes charges payées.

 Les files dattente devant les points de distributions alimentaires nont cessé de croître ces dernières années et le retrait de cette subvention sinscrit donc dans un ensemble de choix budgétaires et politiques dune violence extrême envers les étudiantes.

À limage du projet de loi de finances pour 2026 prévoyant le gel des APL pour les étudiantes françaises et européenes et de leur suppression pour les étudiantes extra-communautaires, les gouvernements successifs dEmmanuel Macron se suivent et se ressemblent quand il sagit de faire peser le poids de laustérité sur les publics les plus précaires.

Car oui, des associations telles que Linkee sont souvent les seules structures de solidarité disponibles pour répondre à lurgence alimentaire sur les campus, là où les dispositifs publics, bien souvent à cause du désengagement de l’État, montrent leurs limites.

 Le cri dalerte de lassociation Linkee caractérise un exemple manifeste de la systématisation dun modèle qui tend à faire peser sur des associations dépendantes de subventions de plus en plus maigres, lorganisation totale de la solidarité.

Cela ne peut plus durer, laide alimentaire étudiante est devenue le principal filet de sécurité contre la faim et la survie de ces jeunes repose donc désormais sur les structures de bénévolat qui sont elles-mêmes sans cesse attaquées par les pouvoirs publics.

Le non-renouvellement des subventions du gouvernement à lassociation Linkee est un message très clair à la jeunesse. Pour le pouvoir, la misère étudiante est devenue acceptable.

 La précarité nest pourtant pas un rite de passage, cest un échec politique.

 Face à lurgence, les Jeunes socialistes exigent :

- La pérennisation des subventions aux associations de solidarité grâce à leur indexation sur linflation

- La revalorisation des bourses et des APL (cf amendements des Jeunes socialistes sur le PLF 2026)

- La garantie dune allocation dautonomie permettant à toustes, indépendamment de son origine sociale, de vivre dignement

- Lencadrement des loyers dans toutes les villes universitaires

- Lintégration réelle de laide alimentaire dans une politique publique coordonnée, et non plus comme une réponse durgence externalisée aux associations