Il y a vingt ans, le 27 octobre 2005, Zyed Benna et Bouna Traoré perdaient la vie à Clichy-sous-Bois. Deux adolescents, deux symboles d’une génération qui ne demandait qu’à vivre et que la République a délaissée.

 

Leur mort, suivie de semaines d’émeutes dans tout le pays, fut le cri d’une jeunesse qu’on ne voulait pas entendre. Un cri de colère et d’abandon, celui des quartiers populaires face à l’injustice, au mépris et à la relégation.

Vingt ans plus tard, que reste-t-il ? 


Les murs ont été repeints, des plans d’urgence ont été lancés, des promesses ont été faites. Mais dans trop d’endroits, l’État reste
absent, ou pire, il ne s’y montre qu’en uniforme. Les écoles manquent de moyens, les associations peinent à survivre, les services publics ferment les uns après les autres. Dans les banlieues comme dans les zones rurales, la République ne tient plus parole : elle ne protège pas, elle n’émancipe plus, elle contrôle.

Et depuis huit ans, les gouvernements successifs d’Emmanuel Macron n’ont fait qu’aggraver cette dérive.

Face à la souffrance populaire, leur réponse se résume à la répression.

 

Qu’il s’agisse de Christophe Castaner face aux Gilets jaunes, de Gérald Darmanin orchestrant la répression des mouvements sociaux, de Bruno Retailleau appelant sans relâche à davantage de fermeté, ou de Laurent Nuñez poursuivant aujourd’hui la même logique autoritaire, un même réflexe domine : matraquer plutôt qu’écouter, punir plutôt que comprendre.


Ce pouvoir a choisi l’ordre contre la justice, la peur contre la dignité.

Cette absence de l’État social nourrit la défiance, le désespoir et parfois la rage. Les flammes de 2005 ont été celles de la dignité humiliée. Celles de 2023 à Nanterre, après la mort de Nahel, ont rappelé que rien n’avait vraiment changé. Entre les deux, une même fracture, celle d’une République qui parle d’égalité mais ne la pratique pas.

Les Jeunes Socialistes refusent de s’y résigner.
Nous voulons un retour de l’État dans les quartiers populaires mais pas sous la forme du tout-sécuritaire : un État qui soigne, qui éduque, qui forme, qui donne une place à chacun et chacune.
Pour cela, nous portons des mesures claires :

  • Un plan national de réinvestissement des services publics de proximité : santé, éducation, emploi, culture.

  • Un grand plan pour la jeunesse populaire, garantissant un emploi, une formation ou un accompagnement à chaque jeune sans solution.

  • Une véritable police républicaine, formée à la médiation, au respect et au service des habitants.

  • Un soutien massif au tissu associatif local, première digue contre l’exclusion et la désespérance.

  • Une politique de mixité sociale ambitieuse, pour rompre avec la logique de ghettos que l’État a trop longtemps tolérée.

Nous devons rompre avec cette logique du maintien de l’ordre permanent pour renouer avec une République de présence et de confiance.

L’histoire de Zyed et Bouna ne doit pas être un simple souvenir, elle doit être un rappel de nos devoirs.

Vingt ans après, nous ne pouvons plus détourner le regard.


Il ne s’agit pas de compassion, mais de justice ; pas de discours, mais d’action.


Les quartiers populaires n’attendent pas la charité de la République, ils réclament leur juste part de dignité, de respect et d’avenir.